14/04/2012

On ne le saura jamais

Ce midi, j'ai pris le métro.

Et je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que les 6 jours de grève du personnel des transports en commun bruxellois - faisant suite au décès de leur collègue agressé samedi dernier - étaient exagérés.

Tout le monde a été ému de cette agression et de ce décès. Bien entendu.
Mais fallait-il prendre en otage la grande majorité des usagers paisibles, pendant 6 jours ? 

Evidemment, quand c'est le personnel des prisons qui fait grève, cela n'embête que les prisonniers et leur famille. Donc pas grand monde, si j'ose dire. Du coup, tout le monde s'en fiche. Ou en tout cas, il n'y a pas beaucoup de réponse du monde politique au mouvement.

Par contre, là, avec la grève des transports en commun, le bras de fer était plus sensible. Vu les élections sociales et électorales qui se profilent ...

Je n'ai pas cherché à savoir si d'autres pensaient comme moi mais j'ai vu sur le site de la STIB que pour 2009-2010, quelques 874.000 usagers utilisaient les transports en commun, dans la capitale, chaque semaine. Donc, on peut se dire que près de 874.000 usagers ont dû se débrouiller pour trouver une alternative à leurs déplacements pendant les 6 jours où le personnel de la STIB a refusé de travailler.

Autant je peux comprendre et admettre qu'ils aient refusé de travailler le jour du décès et le jour des funérailles de leur collègue. Mais les 4 autres jours ? 

Etait-ce un bras de fer avec les autorités politiques ?
Pourtant, les autorités politiques s'étaient engagées à faire bouger les choses trois jours après le décès déjà ... Alors, pourquoi avoir prolongé la grève encore pendant 3 jours après cet engagement ? Le grand mystère.

D'aucuns diront que ce mouvement de grève pendant 6 jours aura profité à tous, tant au personnel qu'aux usagers. D'accord. Mais en attendant, les usagers ont été obligés d'en faire les frais, sans avoir leur mot à dire. Facile hein.

Et ce n'est pas le seul renforcement de la présence policière (ne l'ai pas vue ce samedi) qui fera en sorte de régler les incivilités, le je-m'en-foutisme général et le manque de savoir-vivre de certains (usagers). Enfin, je peux me tromper.

Ce qu'il faudrait aussi, c'est

  1. Réinstaurer un enseignement de qualité, surtout y mettre les moyens, introduire des cours de civisme pendant toute la scolarité obligatoire, et mettre sur pieds un service militaire ou civil obligatoire pour les 2 sexes à l'issue de la scolarité obligatoire. 
  2. Doter la justice des moyens nécessaires pour assurer le respect des règles. 

Car s'il y a plus de déliquants et de policiers que de juges et de places en détention, c'est perdu d'avance.

Le trio renforcé Enseignement/Police/Justice créerait des emplois (non délocalisables eh eh) et ferait surtout réfléchir deux fois plutôt qu'une avant de faire une connerie. Cela donnerait un sens à la vie de certains jeunes désoeuvrés et remettrait l'accent sur les notions de respect, citoyenneté, solidarité collective en ces temps où tout pousse à l'individualisme, au culte de l'argent facile et aux lois de la jungle. Car c'est un véritable changement de société qu'il nous faut et pas des sparadraps collés à la va-vite.  

Bon d'accord, vu le peu d'audience de mon blog (seulement 32000 clics sur 4 ans mouarf), mes quelques petites idées engendreront autant de réactions et de réponses politiques qu'aux gardiens de prison ... 

Qu'importe. Cela ne m'empêchera ni de continuer à m'exprimer ni de penser que le décès du membre du personnel de la STIB a été vraiment instrumentalisé. 
Et je me demande si le pauvre homme décédé - qui a été présenté comme un homme, mari, père et employé modèle - aurait approuvé cette grève de 6 jours, pénalisant le plus grand nombre des usagers modèles.

On ne le saura jamais ... 

18:30 Écrit par Plus d'encre dans le plumier dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : stib, grève |  Facebook |

Commentaires

ohla... Miss-Mip souhaiterait-elle s'engager dans la politique ? ;-)))
Sourire mis à part, c'est vrai qu'il y a d'autres moyens de manifester son désarroi que toujours faire grève. Pourquoi pas continuer à travailler, mais avec un bassard noir, par exemple. C'est très agaçant, comme usager ou comme simple travailleur, de se sentir pris en otage, pour des faux prétextes et des vraies manoeuvres cachées. Nautilus - Miss Mip, même combat !

Écrit par : Nautilus | 26/04/2012

ohla... Miss-Mip souhaiterait-elle s'engager dans la politique ? ;-)))
Sourire mis à part, c'est vrai qu'il y a d'autres moyens de manifester son désarroi que toujours faire grève. Pourquoi pas continuer à travailler, mais avec un bassard noir, par exemple. C'est très agaçant, comme usager ou comme simple travailleur, de se sentir pris en otage, pour des faux prétextes et des vraies manoeuvres cachées. Nautilus - Miss Mip, même combat !

Écrit par : Nautilus | 26/04/2012

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